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Comment mettre en place un Plan de Continuité d'Activité qui assure performance et prise en compte des conditions de travail ?

En cas de crise sanitaire comme celle que nous connaissons actuellement avec le Coronavirus Covid-19, l'objectif du Plan de Continuité d'Activité (PCA) consiste à anticiper les perturbations possibles et à mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires pour y faire face. Retrouvez 5 points clés pour le mettre en place.


Plan de Continuité d'Activité PCA performance et conditions de travail

Bien qu'heureusement exceptionnelles, les pandémies telles que le Coronavirus Covid-19, ou la grippe H1-N1 en 2009-2010, plongent les entreprises et leurs salariés dans une crise sanitaire et économique auxquelles elles ne sont pas préparées.
Si certaines se trouvent dans l'obligation pure et simple de stopper leur activité à cause du confinement que la situation peut imposer, d'autres sont encore en capacité de fonctionner, grâce notamment à la mise en place généralisée du télétravail. Cependant, le télétravail n'est pas mobilisable par toutes et tous les salarié·es et sa mise en place ne va pas de soi ( Pour aller plus loin : Infographie - 10 clés pour bien fonctionner ensemble en télétravail ) et pour certaines entreprises faisant partie de secteurs essentiels pour la vie économique (santé, industrie agro-alimentaire, transports routier de marchandise, transports de personnes, énergie, grande distribution, propreté, administrations...), la continuité de l'activité n'est pas sans poser de problèmes en termes d'organisation du travail et d'impacts sur les conditions de travail.

Quid des effets d'une diminution plus ou moins prévisible de l'effectif ? de la défaillance de tout ou partie des fournisseurs et de la chaîne d'approvisionnement ? du ralentissement de l'offre de service (banques, courrier, énergie, transports, communication) ? Quels sont donc les points de vigilance à prendre en compte pour aider les salariés à faire face à des conditions de travail inédites potentiellement génératrices de risques accrus pour leur santé ?

#1 - Informer le personnel et impliquer les instances représentatives du personnel dans la préparation et la mise en œuvre d'un fonctionnement en mode dégradé

Pour cela, il faut mettre à disposition des personnels (via l'intranet par exemple) des informations de qualité sur l'organisation des moyens et des mesures mises en œuvre par l'entreprise. Il est nécessaire d'impliquer les IRP dès l'étape de réflexion sur ces moyens et de s'assurer que les salarié·e·s partagent pleinement ce qui est attendu d'eux pendant cette période, qu'ils puissent exprimer s'ils sont en capacité d'atteindre les objectifs fixés.

#2 - Repérer les compétences indispensables

Il est difficile de prévoir le taux d'absentéisme pendant cette période (capacités à télétravailler qui peuvent se dégrader au fil du temps, épidémie qui touche certain·e·s salarié·e·s de l'entreprise...). L'identification, au plus tôt, des compétences incontournables doit favoriser une réflexion sur la gestion des ressources humaines. Une réflexion sur la polyvalence favorisera la réalisation en situation dégradée de certaines activités.

#3 - Anticiper un mode de fonctionnement dégradé

Si votre entreprise est encore en capacité de fonctionner correctement, cela risque fort de ne pas durer. Il vous est encore possible d'anticiper la mise en place d'un fonctionnement en mode dégradé. Pour cela, il vous faudra anticiper la mise en œuvre de mesures sur l'organisation du temps de travail, sur l'organisation de la polyvalence mais aussi sur les objectifs que vous serez en capacité d'atteindre.

N'oubliez pas que le travail, dans ses dimensions techniques et humaines, doit s'adapter en permanence aux particularités du moment. Ce travail d'ajustements permanents n'a pas attendu les pandémies pour exister, mais il est rarement visible. Les situations exceptionnelles sollicitent fortement les compétences et les expériences de chacun. C’est pourquoi la possibilité de se référer à des situations antérieures de même nature est utile pour une action efficace. Leur analyse permet d’identifier les manières dont elles ont été gérées (personnel mobilisé, les ressources externes, la durée, ...), et d’en imaginer leur reproduction en situation similaire. L’analyse de ces situations de référence, à laquelle il convient d’associer le personnel et ses représentants, permet alors de structurer une démarche de maîtrise de situations dégradées.

#4 - Fonctionner en mode dégradé

Vous êtes déjà touché par une baisse de votre effectif, par des défaillances fournisseurs ou de votre circuit d'approvisionnement ? Vous n'avez pas eu le temps de vous y préparer et avez mis en place une organisation sans avoir pu l'éprouver en amont ? Il est toujours possible d'évaluer au fil de l'eau ce mode de fonctionnement dégradé. Vos marges de manœuvres sont certainement limitées et le temps joue contre vous mais il est important, voire nécessaire de s'autoriser à prendre du recul pour réajuster son organisation du travail. Ouvrir un espace de discussion avec l'encadrement et ses salarié·e·s va permettre de faire remonter les difficultés auxquelles les uns et les autres doivent faire face mais aussi les ressources qu'ils/elles mobilisent. Ces temps de réflexion n'ont pas vocation à perturber le fonctionnement déjà mis à mal, mais à confirmer que certains choix portent leurs fruits et que des ajustements sont peut-être encore nécessaires. Les salarié·e·s peuvent être mis à contribution pour remonter les contraintes, les ressources et sont souvent forces de propositions pour faire rimer performance et conditions de travail.

#5 - Prévenir les risques et protéger la santé des travailleurs et des travailleuses

La survenue d'une pandémie implique d'adapter les mesures de prévention aux nouvelles conditions de réalisation du travail (nouvelles modalités d'organisation du temps, polyvalence...) et de mettre en oeuvre les dispositions nécessaires au regard des risques encourus et en particulier afin d'empêcher la contagion :

  • En utilisant des moyens individuels de protection (masques, gants) en fonction de la nature des situations professionnelles et des risques d'exposition qui y sont liés,
  • En développant des mesures d'hygiène comme le lavage des mains avec du savon ou du gel hydroalcoolique qui seront mis à disposition des salarié·e·s,
  • En mettant en place une organisation du travail adaptée à cette nouvelle situation,
  • En formant les salarié·e·s à l'usage de l'ensemble de ces ressources.

Source : Anact.

Retour d'expérience

En 2009, suite à la pandémie grippale H1-N1, l'Aract (Haute) Normandie avait publié "Les entreprises face à la grippe A, la gestion d'un risque inédit", publication dans laquelle 3 entreprises témoignaient sur la mise en place de leur PCA.
A (re)découvrir ci dessous.

Pour aller plus loin :

Pour aller plus loin sur le Plan de Continuité d'Activité (PCA), découvrez l'article Coronavirus : comment combiner continuité de l'activité et protection des travailleurs ? de l'Anact qui fait le point sur les étapes qui constituent un PCA et met à votre disposition une boite à outil pour construire un PCA.

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