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Projets d'investissement et innovation

Nouveaux locaux, nouvelles machines, nouveau système informatique... pour se développer, l'entreprise a besoin d'investir régulièrement. La Normandie, avec son tissu industriel et ses pôles d'excellence, connaît bien les enjeux de l'innovation. Une question subsiste : comment anticiper l'impact d'un investissement sur le travail des salariés, pour garantir le succès du projet ?

Dans un contexte économique toujours plus concurrentiel, les entreprises doivent sans cesse faire évoluer leurs modes de production, réduire les délais et les coûts, élever la qualité, innover, investir dans de nouveaux équipements, faire appel aux nouvelles technologies...

En région, 70,6% des salariés ont connu un changement technique (un nouvel outil, un nouvelle machine de production, un nouveau matériel informatique) durant les 3 dernières années, et plus que 46% ont connu une réorganisation des postes de travail (chiffres Baromètre des conditions de travail en Haute-Normandie - 2013).

Dépasser les simples aspects techniques et économiques

Tous ces changements ont nécessairement un impact sur l'organisation et le fonctionnement quotidien de l'entreprise. Mais il est rarement anticipé…

Généralement, les choix d'investissements dans l'entreprise sont guidés par des considérations techniques et économiques. On sollicite les fournisseurs, on s'intéresse aux fonctionnalités de l'outil, on négocie les tarifs. Des aspects essentiels, mais qui ne suffisent pas pour effectuer les bons choix.

D'autres besoins - organisationnels, sociaux et humains - sont peu anticipés, voire subis, et sont considérés comme des conséquences des choix techniques.

Or, tout se joue bien souvent sur le plan de l'organisation du travail et de la formation. Un projet d'investissement, qu'il soit technologique, informatique ou architectural, change toujours la façon de travailler, la manière de s'organiser collectivement, les gestes habituels. Autant de conséquences qu'il est nécessaire de prévoir.

Dans le cas contraire, les risques sont nombreux : constater après coup qu'une machine pose des problèmes de santé aux salariés, et donc une multiplication des arrêts de travail. Ou que les équipes ne disposent pas des compétences suffisantes pour exploiter le nouveau système informatique. Ou encore que les flux imposés par la nouvelle implantation de l'atelier nuisent à la productivité…

Miser sur les salariés

Alors comment faire pour garantir la fiabilité du projet ? Il s'agit tout simplement de s'appuyer sur les salariés et de les associer aux choix techniques.

Futurs utilisateurs de l'investissement, ils sont les plus à même d'indiquer les spécificités techniques nécessaires pour bien fonctionner avec les nouveaux équipements, d'identifier les principaux besoins permettant de faire un travail de qualité, d'anticiper les différents aléas à gérer.

Leur point de vue est la garantie de ne pas passer à côté d'éléments essentiels, pour maintenir à la fois la productivité, la performance et la qualité de vie au travail.

Vers l'innovation sociale

Cette implication des salariés se fait au travers de démarches participatives : groupe de travail, recueil de besoins, études de plans, tests et simulations autour de maquettes…

Autrement dit, il s'agit de faire confiance aux équipes et à leur expertise sur leur propre travail, de les rendre "parties prenantes" du projet d'investissement, en leur permettant de débattre et réfléchir ensemble, avec les managers, pour trouver des solutions communes.

Une démarche qui rejoint l'idée d'espaces de discussion préconisés dans le cadre des démarches "qualité de vie au travail" et qui constitue un premier pas vers l'innovation sociale.

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